En se tournant vers l’écriture, Maxime Touzaint a décidé de consacrer son premier ouvrage dans les stades où bat le cœur du football français, ces villes de France, petites et moyennes, qui abritent un club de valeur. Sochaux et Auxerre, par exemple, restent des grands noms de l’histoire du football français, au même titre que Sedan, Guingamp ou Gueugnon.

Certains clubs ont laissé dans l’histoire une trace de leur passage plus ou moins bref parmi l’élite, comme Laval, Martigues, Châteauroux et Niort. D’autres noms fleurent bon les soirées de deuxième division ou les exploits ponctuels en Coupe de France, comme Louhans-Cuiseaux, Montceau-les-Mines, Alès, Besançon, Fontainebleau, et Romorantin.

Maxime Touzaint s’est rendu dans chacune de ses villes pour en capter l’histoire, les particularismes et la passion qui entoure le club de football. Il va à la rencontre des acteurs qui maintiennent la flamme, les personnalités, les anciens joueurs, les blogueurs et médias, les passionnés. Son ouvrage est paru en avril 2026 aux éditions du limonaire, sous la forme d’un cahier, conçu par l’illustrateur Péaah et riche de petites histoires, d’entretiens, de souvenirs.

Un véritable coup de cœur qui justifie cette interview.

Bonjour Maxime. Peux-tu te présenter succinctement auprès des visiteurs de La Maison Jaune ?

Bonjour Richard. Je suis un trentenaire fou de foot tombé amoureux d’une équipe qui joue en Jaune et Vert et qui ne ressemble plus beaucoup à celle de mon enfance. Je suis avec attention les publications de La Maison Jaune et vous remercie chaudement pour l’invitation. J’en profite pour vous féliciter. Votre travail contribue largement à entretenir la flamme malgré les déboires sportifs de l’équipe fanion. “Terres de Foot” est mon premier livre. En réalité, j’ai eu une première vie professionnelle dans le secteur agricole et l’écriture n’est arrivée dans mon quotidien que récemment.

Ton livre “Terres de foot” traite des clubs de football provenant des villes moyennes de France. Quelles villes as-tu choisi, et sur quels critères se sont portés ces choix ?

Ces quinze villes ont en commun d’être de taille modeste mais surtout d’avoir un passé et parfois un présent footballistique fort. Elles parlent forcément aux passionnés et la notoriété de la ville s’est souvent construite avec le concours de son club de foot. De Sedan à Martigues en passant par Gueugnon et Laval, ce sont des “terres de foot” par essence.

« M’imprégner totalement de l’atmosphère sur place« 

Mon choix est tout à fait subjectif, il naît toujours d’une évocation personnelle, d’un souvenir marquant au stade ou derrière le petit écran. Prenons l’exemple de Louhans-Cuiseaux, c’est mon premier match au stade. J’avais onze ans, les yeux écarquillés, alors forcément l’envie de savoir ce que cette équipe a traversé depuis 25 ans, aller découvrir son stade et rencontrer les gens qui font le club aujourd’hui est apparu comme une évidence.

Comment préparais-tu tes expéditions vers chacune de ces terres de foot ?

En me rendant sur place j’avais déjà une bonne idée du lieu visé. Toutes les parties sur l’histoire de la ville, les grandes heures du club et les interviews, je les ai réalisées avant de prendre la route. J’ai abordé chaque déplacement avec excitation et impatience. Pour pouvoir m’imprégner totalement de l’atmosphère sur place, je suis arrivé plusieurs heures avant le match voir la veille. J’ai aussi mis un point d’honneur à ne jamais arriver par les grands axes pour avoir le temps de découvrir la région avant la ville. Le rituel fut toujours identique : découverte de la ville et ses environs à pied, lecture de la presse locale au café. Puis je me dirigeais tôt au stade pour pouvoir saluer ceux qui avaient répondu favorablement à mes sollicitations et profiter pleinement de l’avant match. Mais l’idée était de rester très discret et seul durant la rencontre, de passer incognito pour vivre le match et le retranscrire tel un spectateur “comme un autre”.

« Le point commun de tous ces clubs, c’est l’ADN formatrice« 

Certains clubs comme Sochaux ou Auxerre ont atteint les sommets du football français, tout comme Sedan et Guingamp qui ont conquis la Coupe de France. Est-ce que selon toi leur isolement a contribué, en son temps, à leur réussite ?

Je pense que plus que leur isolement, c’est leur modèle qui les a emmené tout en haut. A Sochaux et Sedan c’est l’industrie locale qui les a longtemps porté tout comme à Gueugnon et Louhans par ailleurs. A Auxerre et Guingamp ce sont davantage un ou des personnages incontournables qui ont fait grandir le club à grande vitesse. La Berrichonne de Châteauroux est aussi probablement à ranger dans cette case. Le point commun de tous ces clubs, c’est l’ADN formatrice qui a aussi était un élément clé de la réussite de ces équipes.

Tout au long de ton livre, tu distilles beaucoup de références au FC Nantes. C’est souvent une rencontre face aux Canaris, gagnée ou perdue, qui symbolise les grands moments de ces clubs. Selon toi, le FCN était-il froidement perçu comme un “club d’une grande ville”, ou gardait-il même en ces circonstances un certain capital sympathie du fait de son beau jeu et de son esprit formateur ?

A vrai dire je ne me suis pas tellement posé la question. Le fait que le FCN apparaisse de façon récurrente dans le livre tient pour partie à mes propres souvenirs mais aussi pas mal au hasard. Lorsque j’évoque le 3-3 entre Martigues et Nantes à l’hiver 1995, je découvre en même temps que j’écris l’importance que ce match a eu pour le FCM. A Louhans, idem. En réalité je pense que dans les années 1990-2000, qui sont largement traitées dans le livre, les Nantais étaient sportivement au sommet et c’était un modèle pour beaucoup d’adversaires d’où le fait que certaines rencontres furent des sommets pour les clubs dont il est question dans le livre.

Il y a beaucoup d’autres clubs sympas en France. Peut-on espérer un “Terres de foot 2” ?

Si la passion l’emporte sur la raison alors peut-être! C’est une aventure aussi géniale que coûteuse et énergivore, il faut bien y réfléchir à deux fois avant de se lancer à fond. C’est mon premier livre, voyons déjà quel accueil il reçoit, mais évidemment écrire à nouveau est dans un coin de ma tête. Quoiqu’il advienne je ne m’imagine pas faire un “copier-coller” avec d’autres villes/clubs mais les idées ne manquent pas.