- Photo : capture Youtube Arkema Première Ligue
Au Havre, le FC Nantes avait pour objectif de terminer en beauté et d’atteindre les 43 points afin d’égaler les Dijonnaises de l’an dernier pour cette belle quatrième place. D’autre part il s’agissait de préparer au mieux la demi-finale des play-offs qui se jouera contre les quasi imbattables Lyonnaises le 16 mai en terres rhodaniennes.
Et cela démarrait plutôt bien pour les Canaries qui, par Lucie Calba, ouvrait la marque à l’entrée du premier quart d’heure (14e) en surgissant au premier poteau suite à un corner. L’attaquante nantaise doublait la mise sur un centre de Louise Fleury (42e) face à une équipe havraise très timide jusqu’alors. Mais qui se relançait deux minutes plus tard par Chancelle Effa-Effa et faisait vaciller la mainmise nantaise sur le jeu juste avant la mi-temps (44e 1-2).
Le Havre plus mordant en seconde période
Au retour des vestiaires, fort de ce but de relance, les Normandes se réveillaient et bousculaient les filles de Nicolas Chabot. Leurs efforts étaient récompensés grâce à une merveille de frappe enroulée aux vingt mètres de Maïté Boucly qui finissait dans la lucarne de Emily Burns (52e, 2-2).
L’entraîneur des Canaris apportait alors du sang neuf pour réveiller ses troupes en faisant plusieurs changements : Juliette Mossard, Camille Robillard (les jeunes de la formation), Julie Rabane et l’internationale belge Mariam Toloba.
L’effet fut presque immédiat puisque les Nantaises ont repris l’avantage par une tête de Julie Pasquereau sur un corner. Mais les Havraises qui venaient aussi de faire tourner l’effectif ne lâchaient rien et poussaient les Nantaises à jouer très bas. Le pressing porta ses fruits sur une perte de la défense jaune et verte qui permettait à Ikram Adjabi d’égaliser (77e, 3-3).
Penalty manqué pour le HAC, pénalty oublié pour Nantes
On se dirigeait vers ce nul spectaculaire lorsque dans les arrêts de jeu, la dernière buteuse provoquait un penalty. Emily Burns, la gardienne canadienne des Canaries stoppait la tentative de Madeline Roth (92e).
Sur l’action suivante, les Nantaises se ruaient sur le but havrais à grande vitesse ; Mariam Toloba lancée pleine axe dans la surface était fauchée sur le dernier geste. Mais l’arbitre ne trouva rien à dire et siffla la fin de la rencontre.
« On a commis trop d’erreurs techniques, conclut Nicolas Chabot. On n’a pas joué dans le bon rythme. On subit un penalty et on nous en oublie encore un qui nous aurait peut-être permis de l’emporter« . Le FC Nantes a désormais dix jours pour préparer sa demi-finale à Lyon, le 16 mai.
Un bilan et des questions
Pour sa deuxième saison au sein de l’élite les Canaries de Nicolas Chabot ont fait une très belle saison. Les points qui auraient pu permettre d’atteindre la troisième place (voire la deuxième) ont été perdu à domicile. Mais le bilan reste très positif. Bonne recrues, bon coaching, du jeu à la nantaise illustré par un des plus beau but de la saison (à Strasbourg qui a fait le tour de la planète), un public de plus en plus nombreux, quelques matchs à la Beaujoire magnifiques.
Quelques questions se posent toutefois en cette fin de saison : la situation de l’équipe masculine et la probable relégation aura-t-elle un impact sur les féminines ? Nicolas Chabot restera-t-il l’entraîneur de cette équipe ? Les mouvements de joueuses seront-ils nombreux ? Quid de nos jeunes de la formation qui n’ont pas été souvent titulaires ?
1 Commentaire
Lors d’un match sans enjeu mais qui était censé préparer celui bien plus important contre l’OL Lyonnes, on a eu confirmation du niveau des différentes joueuses composant l’effectif même si certaines avaient quelque peu levé le pied.
Au moment de se projeter sur la saison prochaine, peu de leçons à tirer de ce match ; certaines joueuses sont toujours indispensables et si elles doivent partir ailleurs (en fin de contrat et ne souhaitant pas poursuivre avec le FCN), il faudra absolument les remplacer par des niveaux équivalents : Burns, Cosson, Rodrigues, Bethi, Rabanne (malgré son âge), Swierot (prêtée par l’OL et probablement très sollicitée), Van de Ven (commence à s’imposer), Calba, Fleury, Toloba, Saoud (à un degré moindre car moins influente cette fin de saison), Pasquereau (prestations inégales mais sans équivalent actuellement). Quant aux jeunes formées au club, Robillard et Mossard, il est difficile de se prononcer sur leur potentiel, n’assistant pas personnellement aux entrainements, mais elles n’ont pas (encore ?) le niveau Arkema Premiere League ; l’auront-elles un jour ?
J’ai exprimé lors d’un commentaire précédent, mon inquiétude sur les conséquences de la relégation de l’équipe masculine, sur le budget alloué à la section féminine mais il semblerait que l’impact financier d’une relégation à l’échelon inférieur (écart entre droits TV des clubs de L1 vs L2) soit moindre cette année compte tenu de la chute des droits TV. Bien sûr, si la gestion du sportif par les Kita est catastrophique, nous devons nous estimer heureux que W. Kita n’ait pour le moment pas lâché financièrement son club.
Qu’en sera t-il dans les mois qui viennent quand la relégation qui semble inéluctable sera effective ? La section féminine disposera t-elle toujours d’un budget suffisant pour attirer et conserver des joueuses du niveau des meilleures de l’effectif actuel ? Et quid de l’avenir de Nicolas Chabot qui est pour beaucoup dans les résultats de cette équipe ?