- Photos : Alain Jarnoux
Les mots sont difficiles à trouver pour qualifier un tel match de la part des jaune et vert. Car oui, en ce 1er samedi de mai, le FC Nantes a été renversant. Le FC Nantes a joué, a lutté et a finalement gagné. Une rencontre remportée avec brio dans un moment comme enchanté. Les hommes de Vahid ont signé la 5e victoire du club cette saison, la seconde contre l’Olympique de Marseille. Un succès qui empêche Nantes d’être d’ores et déjà relégué et entretient un soupçon d’espoir. Aujourd’hui, le sarcasme de mise lors de cette saison sera rangé au tiroir. Sur ce simple match, se réjouir nous devons !
Football plaisir
Cela a été un pur plaisir de regarder cette partie de football en tant que supporter ou supportrice des Canaris. Comme animés par une véritable rage de vaincre, les coéquipiers d’Ignatus Ganago ont martelé la défense marseillaise. Les corps phocéens ont sûrement dû être sérieusement entamé après cette rencontre où ils n’ont cessé de se faire bousculer dans les duels par des Nantais insatiables. Mais plus que le physique, c’est également le mental qui a dû être affecté. Nnadi, Hojberg, Balerdi ont joué dans la peur. Certainement, leur nuit aura été empli de cauchemars, ceux de voir surgir à pleine vitesse et déterminés, Ganago, Lepenant, Kaba, Abline et consort dans leurs pieds.
En effet, ce match a été particulièrement marquant par l’attitude des Canaris. En première période, Nantes a poussé et tenté à de très nombreuses reprises sans pour autant réussir à inscrire le premier but libérateur. Que ce soit par la faute d’un Geoffrey Delange bien inspiré dans les cages marseillaises ou par un certain manque d’adresse devant les buts, les Canaris ont semblé refaire face à leur démon : le manque de réussite. A la mi-temps, le tableau d’affichage affichait ainsi toujours 0-0 entre les deux formations. La seconde période a été une autre paire de manches.
Au retour des vestiaires, le FC Nantes a directement frappé l’Olympique de Marseille au saut du lit. Sans laisser aux olympiens une seule minute de répit les Nantais ont repris leurs attaques incessantes et leur pressing intensif. Une envie de récupérer le ballon et de jouer vers l’avant qui a contribué à chacun des buts nantais. Car à l’inverse d’autres rencontres de la saison, Nantes, samedi après-midi, a inscrit ses 3 buts dans le jeu et à chaque fois par l’intermédiaire de jolies combinaisons entre les joueurs.
Dès la 50e minute, le 1er but illustre cela. Au départ de l’action, Guilbert presse et récupère un ballon haut puis Ganago lance Abline sur le côté droit, poursuit son effort jusque dans la surface, se voit servir parfaitement dans les pieds par le feu follet Canari et conclut magnifiquement cette belle action plein de détermination et de rapidité. Les deuxième et troisième but suivent des schémas similaires. Une récupération haute, une combinaison exécutée à la perfection et une conclusion réussie. Du football simple et efficace et des joueurs qu’on a senti prendre du plaisir.
Ne jamais abandonner
Cette énergie qu’a renvoyé le FC Nantes hier est particulièrement valorisable car elle s’est concrétisée par des mouvements offensifs réussis, ce qui n’avait pas été le cas lors des dernières rencontres. Jamais l’équipe n’a lâché et elle a même trouvé les ressources pendant tout le match pour garder la tête haute. Si l’équipe de l’OM est certainement malade, elle ne pouvait l’être autant que ce FC Nantes. Ainsi les jaune et vert ont remporté une victoire entièrement logique et ont certainement réalisé leur meilleur performance de la saison.
En fait, cette rencontre invite d’ailleurs quelque peu au mea culpa sur certains points avancés dans des articles précédents. Si ce n’est que la réalité d’une seule rencontre, celle-ci nous en apprend tout de même beaucoup. Car, alors qu’ils auraient pu être assommé par les scénarios rocambolesques vécus à Rennes et contre Strasbourg notamment, les jaune et vert ont à l’inverse semblé encore davantage remontés à l’idée de gagner, à l’idée de montrer qu’ils n’ont jamais vraiment abandonné.
Merci Vahid
La raison à cela ? Vahid Halilhodzic. Par l’amour qu’il porte à ce club, le technicien bosnien n’abandonne jamais. Malgré la situation au classement qu’il a de nombreuses fois décrit comme ?? il n’a cessé de mobiliser son groupe. Malgré les revers multiples il a réussi à maintenir confiance et envie de se battre pour l’autre. Il y a quelques semaines je critiquais une approche qui prônait discipline et rigueur. Je ne sais exactement ce qu’il en est de cela. Mais force est de constater que Vahid n’est pas n’importe quel coach. Il transmet quelque chose à ses joueurs qui les a maintenus dans le combat pour le maintien. Il aura accepté une mission presque impossible qu’il ne réussira sans doute pas. Mais ce qui est certain, c’est qu’il n’aura pas fait semblant d’avoir essayé.
La fin de la saison ne sera probablement pas différente et le FC Nantes n’a plus de contrôle sur son destin depuis un moment. Mais s’ils sont en mesure de reproduire l’envie déployée face à l’OM, ils pourront tout du moins prendre du plaisir sur les deux dernières rencontres et en procurer à leurs supporters et supportrices. Il est dommage de ne pas avoir réussi à montrer ce visage avant mais les bons leviers n’avaient sans doute pas été activés jusque-là.
De l’humain au coeur du marasme
Enfin, dans cette performance collective, il est à retenir l’impression rendue par certains joueurs. Si Abline a été nommé homme du match (1 but, 1 passé décisive), il en aurait pu être de même pour Ganago. Revenu à l’hiver de son prêt en MLS, il est le titulaire de Vahid Halilhodzic et il lui rend bien. Parfois maladroit devant le but, il n’a de cesse d’appliquer une pression constante sur ces adversaires et est également capable de très bien jouer en remise avec ses coéquipiers. Ignatus Ganago est certes un joueur qui n’est pas constant mais c’est un joueur qui jamais n’abandonne. Le garder en L2 dans l’effectif serait une idée particulièrement inspirée.
Mais il n’est pas le seul à avoir fait forte impression ce weekend et lors de précédentes rencontres. Inconnu des Nantais à son arrivée, Mohammed Kaba a apporté à la mi-saison un nouveau souffle au milieu de terrain du FC Nantes. Il a montré sérénité, capacité de récupération et de projection. Il s’est affirmé comme un vrai patron et semble être une personne plein d’humilité. Comme Nicolas Cozza, il a certainement des limites techniques mais il ne cesse de se battre et de croire en son équipe. Cozza d’ailleurs. Un joueur qui a de nombreuses reprises cette saison aura été en difficulté. Mais c’est dans les moments où le club a été au bord du précipice que l’on a pu prendre la mesure de l’humain et du joueur qu’il était. Un gars honnête qui le temps d’un match a pris le brassard de capitaine. Nicolas Cozza est un leader qui prend ses responsabilités, ce que Nantes n’avait plus eu depuis un bon moment.
La descente en Ligue 2 semble inévitable au regard du succès d’Auxerre contre Angers. Nantes doit remporter ses deux matchs et Auxerre perdre les deux siens. Seul ce scénario permettrait encore au Canari d’accéder à la place de barragiste. Dans tous les cas, cet exercice 2025-2026 aura été un échec. Aussi, puissent les joueurs prendre du plaisir et jouer à fond leurs deux dernières rencontres. Donner nous du football comme vous avez pu nous en donner en ce 1er samedi de mai. De l’envie, c’est tout ce que l’on souhaite voir.









2 Commentaires
Que penser de ce résultat face à une équipe en perdition depuis plusieurs semaines ? D’un côté, une équipe qui joue son va-tout pour ne pas gâcher l’une de ses dernières infimes chances de maintien et qui reste sur plusieurs matchs encourageants ; de l’autre, des joueurs qui pénètrent sur le terrain sans motivation, la tête à l’envers et pour certains déjà ailleurs, touchés moralement par une ambiance délétère au sein du club mais aussi dans le vestiaire avec un coach qui se cherche et peine à convaincre ces mêmes joueurs. Si demain, le SCO joue le jeu et gagne son match à l’extérieur, ce qui semble peu probable au vu de ses dernières prestations et alors qu’il n’a plus rien à gagner à trois matchs du terme de cette saison, on pourra croire à nouveau à un hypothétique maintien, même si la perspective de battre le redoutable RC Lens (encore en course pour le titre malgré quelques points de retard sur le PSG) puis le TFC lors de la dernière journée, ne ressemble pas à une sinécure mais constituerait un exploit historique pour une équipe quasiment reléguée à 4 journées de la fin.
Cette victoire contre l’OM grâce à 3 beaux buts, aura au moins eu le mérite de nous donner un peu de bonheur après une saison si longtemps désespérante et permis de déclencher enfin les applaudissements du public après le sifflet final. Pourvu que les supporters nantais aient encore l’occasion d’applaudir au moins 2 fois leur équipe d’ici la fin de cette saison !
C’est un peu
… agaçant ces jérémiades continuelles des Nantais qui accusent les arbitres, le manque de chance, les buts concédés dans le temps additionnel et, on ne sait trop quoi encore. Les derniers matchs sont peut être un peu moins mauvais mais, à quel prix … [recrutement « fourni » au mercato, pression insensée, coach qui joue sa vie, prise de position des canaux TV pour le FCN au point de quelque peu oublier Auxerre [qui n’a pas les mêmes moyens] et qui se bat tout aussi courageusement. Comme dit l’autre, ça nous pendait au nez, cette affaire. On flirte assez avec la ligne rouge depuis des années pour la boucler maintenant que le couperet se rapproche.
… irritant aussi la soudaine réaction des caciques de la Presse Parisienne qui aura mis près de 20 ans à se rendre compte des dégâts accomplis par le « duo » de choc qui a saccagé une institution totalement lézardée.
… horripilant tous ces commentateurs avertis de la planète foot qui considèrent que la Ligue2 est quasiment chose promise. Gagner à Lens qui a sans doute perdu le titre, et qui sera un peu démobilisé ne semble pas impossible au vue de la forme retrouvée de nos « jaune et vert ». Il restera Toulouse me direz vous. Oui.
Par contre, Auxerre de son côté, joue Nice, capable de tout et qui n’est pas assuré de se sauver. Les Bourguignons joueront sûrement avec la pression et, qui sait, se trouveront dans l’obligation de quérir les points salvateurs à Lille. Pas simple, tout ça !
Alors « Wait & See ».