- Photo : Stéphane Piriou.
Ce nouveau déplacement à Boulogne-sur-Mer se fait à un moment difficile pour le FC Nantes, compte tenu de ce début de saison catastrophique, et face à une formation qui peut se présenter avec un historique des plus favorables puisque les Nantais enregistrent contre eux 5 défaites et un match nul. Pas de quoi être confiant pour un coach qui fait pourtant le choix d’un 4-3-3 avec Ignatius Ganago et Mathieu Cafaro sur les côtés pour permettre à Thomas Robinet de pouvoir enfin ouvrir son compteur.
Première mi-temps : aucun tir cadré
L’équipe adverse, qui a aussi besoin de se rassurer au classement, ne prend pas de risques et laisse à l’équipe nantaise la maîtrise du ballon. Boulogne fait preuve d’une grande abnégation et Nantes d’un déchet technique à l’image des derniers matchs. Il y aura, dans cette première mi-temps, quelques incursions de Ganago, mais le jeu manque de continuité, il est vrai dans des conditions atmosphériques qui ne sont pas idéales. Dans ce stade peu abrité, il faut gérer la pluie et surtout le vent. L’arbitre siffle assez peu pour ne pas hacher un match qui se caractérise surtout par son niveau d’engagement.
Le FCN montre encore une lenteur excessive dans sa manière de ressortir la balle de derrière et de faire face au pressing adverse. Toutefois, rien à redire concernant l’état d’esprit dans cette joute de Ligue 2 où il faut mettre le bleu de chauffe. La fin de première mi-temps laisse espérer un meilleur second acte, car Boulogne rencontre aussi beaucoup de difficultés à construire du jeu.
Seconde mi-temps : comme une délivrance
Dès la 49e minute, Ignatius Ganago, auteur d’une bonne première période, ouvre la marque sur un mouvement collectif intéressant. Toutefois, les supporters n’ont pas eu l’occasion de se réjouir que Binet, trois minutes plus tard, parvient à égaliser sur un tir où la responsabilité de Maxime Dupé est fortement engagée. Cette erreur va une nouvelle fois relancer la question de savoir qui doit être le gardien de l’équipe.
Tout est à refaire, et ce dans des conditions météorologiques plus compliquées qu’auparavant. Boulogne reprend confiance et va se procurer plusieurs actions et marquer un but qui sera refusé pour hors-jeu. Johann Lepenant et Antoine Joujou vont apporter leur énergie dans cette rencontre où les Nantais se montrent à la hauteur dans le niveau de l’engagement, parfois même à la limite.
C’est finalement l’équipe de Boulogne qui se voit sanctionner en fin de match par un carton rouge, dans une fin de rencontre où, dans ce jeu direct, tout semble possible d’un côté comme de l’autre. Le sort va être favorable aux Canaris qui vont bénéficier d’un penalty (95e minute) sur une déviation de Thomas Robinet à Louis Leroux, qui est déséquilibré par le gardien dans la surface de réparation. Thomas Robinet, qui a fait un match délicat à la pointe de l’attaque, va ouvrir son compteur de la saison pour la plus grande joie des nombreux supporters nantais.
Les enseignements du match
Il faut louer l’état d’esprit, ce qui est le minimum que nous pouvons attendre, mais il est certain que cette victoire va apporter de la confiance au groupe. La trêve internationale va permettre de travailler sur les automatismes, car le talent individuel existe dans cette équipe. En revanche, l’intelligence collective n’est pas au rendez-vous.
Lorsque l’on voit les gabarits de l’équipe, il est difficile de comprendre comment nous ne sommes pas plus dangereux sur les coups de pied arrêtés et les corners. Le jeu de transition doit progresser aussi avec la vivacité démontrée par Ryad Hachem, Mathieu Cafaro et Ignatius Ganago. Antoine Joujou fait aussi une belle rentrée dans un contexte difficile. Nous attendrons de voir ce que peuvent apporter les joueurs de couloir que sont Fadé Doucouré et Amine Cherni, qui sont pour l’instant en période de rodage.
6 Commentaires
Le titre de l article suffit à résumer les pensées des courageux suiveurs du FCN.
Pas la peine d en dire plus à part que les trois semaines à venir doivent démontrer les capacités du ‘nouveau coach à insuffler et créer un fond de jeu faisant vibrer nous autres supporters . En attendant j écris ce message depuis les tribunes de Saupin devant le match de réserve qui propose bien autre chose
Les 3 semaines de trêve à venir sont bienvenues pour travailler à fluidifier et accélérer le jeu en améliorant les automatismes.
Cette période doit absolument être mise à profit par Poirier pour faire taire les observateurs sceptiques sur sa capacité à redonner durablement une nouvelle dynamique au club.
Contrairement à certains de ses prédécesseurs, il a eu la possibilité d’améliorer qualitativement son effectif et l’absence de résultats probants dans quelques semaines risquerait de ne pas lui être pardonnée. Tout au plus, il pourrait déplorer le manque de véritables buteurs parmi les recrues offertes par la direction. Robinet ne semble pas être aussi prolifique que la saison dernière même si la responsabilité de ses coéquipiers ne doit pas être négligée car comme la saison dernière, on constate un déficit de centres susceptibles de le mettre en position favorable. Et comme souligné par D. Ollivier, les coups de pieds arrêtés mais aussi les centres adressés par ses coéquipiers atteignent rarement leur cible. A cet exercice, les Canaris sont franchement maladroits et à part balancer des ballons dans la surface, quasiment toujours interceptés ou renvoyés par la défense adverse, ils sont guère inspirés au point que des actions de buts potentielles pour de nombreux clubs ne constituent aucune plus-value pour les Jaune-et-verts. On peut multiplier les corners, s’ils ne sont pas exploités, à quoi bon en obtenir ? Autant préférer les centres en retrait comme les réussissent si bien les Verts… Mais là encore, ce n’est pas la tasse de thé de nos protégés, pas pour le moment en tout cas…
Si on aspire à quelques ambitions dans ce championnat dès cette saison, l’efficacité de l’animation offensive nantaise représente un sacré challenge pour le coach. Sans négliger l’aspect défensif toujours perfectible avec à chaque match une boulette ou une absence sanctionnées par l’équipe adverse. On ne pourra pas toujours compter sur un fait de jeu favorable ou un coup de pouce de l’arbitre.
On va croiser les doigts pour retrouver une équipe métamorphosée mi-octobre pour la reprise. Allez les Jaunes !!!
Merci pour ce commentaire. Il est vrai que le jeu est d’une grande pauvreté technique. Gregory Poirier s’est appuyé sur les joueurs qu’ils connaissaient bien. Il va être intéressant de voir avec ces 3 semaines de trêve internationale comment il redémarre et avec quels leaders car nous les cherchons pour l’instant. Il apparaît dans son parcours que ce coach a besoin de temps pour construire son système de jeu. A voir si Waldemar Kita aura plus de patience que par le passé
Je pense que cette équipe est encore très loin des attentes de Grégory Poirier. N’ayant que peu regardé la Ligue 2 la saison passée, je ne sais pas vraiment comment son Red Star jouait. Néanmons, en fin de match, au micro de bein, il a répondu à une question sur sa satisfaction à l’égard de la performance de ses joueurs en disant que ce à quoi il voulait que l’équipe ressemble en matière de jeu n’était pas encore atteint. Il a en tout cas une idée en tête et un objectif sur ce plan là. C’est absolument normal pour un entraîneur mais cela ressortait moins dans le discours de certains anciens techniciens canaris.
Autrement, j’avais beaucoup aimé Ryad Hachem en position plus centrale. Ce weekend il était davantage excentré et il pouvait donc moins percuter et trouver des passes intéressantes. Or c’est dommage, car l’équipe gagnerait beaucoup à avoir un véritable créateur, très à l’aise techniquement et en mesure de casser les lignes adverses par des passes bien senties.
En définitive, il y a certainement encore beaucoup de travail mais glaner les 3 points et cette deuxième victoire était très important.
Que peut-on attendre de la saison à venir !
Je dois reconnaitre qu’il nous faut du courage pour se rompre à l’exercice de « style » de pondre un bel article devant autant de médiocrités accumulées. Voir Nancy, Sochaux, Boulogne et … s’enfuir, pour ne pas dire mourir. Je vais me faire des ennemis mais c’est pourtant la vérité ; on ne peut pas décemment se satisfaire d’un contenu sans contenant qui tienne aussi peu la route. C’est vrai, la Ligue 2 est souvent sévère, ardue et plutôt physique, avec des rencontres sans beaucoup de poésie et où il faut monter les crocs, jouer avec ses muscles et se battre comme un chiffonnier.
Je m’étonne qu’on puisse trouver des motifs d’espoir après tous ces rencontres improbables avec des points gagnés à 11 contre dix qui plus est, et un nombre de situations de buts voire d’occasions quasi faméliques.
Avec un peu moins de naïveté de l’attaquant de Boulogne, vaguement hors jeu sur leur but à 7’ de la fin, on repartait avec une belle place de lanterne rouge et peut être, la porte … pour le coach.
La pièce a tourné dans le bon sens. Tant mieux pour lui. Il va pouvoir souffler et mieux respirer l’ancien de l’étoile rouge et préparer ses effets pour nous ramener à la raison et proposer quelque chose qui tienne la route. Alors patience.
Les nouveaux venus vont prendre la place des anciens et apporter, on n’en doute pas, leur contribution technique et créative à une belle amélioration de la qualité du jeu, le jeu, oui.
Tout compte fait, peut on dire que Herba est moins bon que Toutou, Tati que Sow, Ali Yousuf que Perrin, Tabibou que Hachem. Et encore j’oublie Deuff ! Bon ça va.
Poirier qui se pare des couleurs du club avec une certaine emphase, est plutôt beau gosse, ce qui plait aux jeunes et … présente mieux que le Monsieur d’avant ce qui n’était pas compliqué. Que la forme ne prenne pas le dessus sur le fond. On attend du concret et vite.
Là, il a 3 semaines pour remettre la maison en ordre et faire des choix qui se tiennent sans changer d’équipe à chaque rencontre. Jamais bon signe cet exercice. Ce temps que tout le monde demande aujourd’hui [la durée de vie d’un entraineur étant de plus en plus éphémère] il va en avoir Grégory.
Donc suite au prochain numéro !
Je pensais que le foot se pratiquait autant avec la tête qu’avec les muscles, mais visiblement ce n’est plus à la mode, il me semble.
En réponse à A. Jarnoux sur sa conclusion :
En L2, et c’est ce qui saute aux yeux en comparaison avec la L1, le foot ne se pratique pas avant tout avec la tête, c’est évident.
En L1, la technique, la vitesse, l’intelligence de jeu et un minimum requis en taille chez les défenseurs centraux et les gardiens constituent des atouts indéniables, même si certains joueurs arrivent à s’imposer avec d’autres qualités qui aident à compenser (dont la grinta pour les milieux défensifs mais pas seulement eux).
Oui, pour réussir en L2, plus que dans l’élite, il faut beaucoup d’engagement physique. La vitesse d’exécution et un peu de malice permettront à ceux qui n’ont pas de dispositions physiques pour résister aux chocs, coups d’épaule et interventions à la limite de l’agression. Comment répondre aux défis physiques de la L2 si on est taillé comme un gringalet et que l’on ne dispose pas de la vitesse ou des capacités de drible qui permettent de contourner les rugueux vis-à-vis ? A part esquiver avec son corps ou prendre de vitesse ses adversaires, il faudrait être toujours en mouvement, ne pas conserver le ballon mais le donner rapidement (une touche de balle ou contrôle et passe) constituent une solution pour un joueur en action offensive et frapper au but (entre les lignes ou au terme d’une pointe de vitesse) avant l’intervention des défenseurs. Evidemment ce type de jeu est très énergivore et ne peut être pratiqué par la majorité des joueurs sur 90 minutes. Et quand on est défenseur ou que l’on participe aux actions défensives, il est difficile de s’imposer et réussir si on n’a pas certaines dispositions physiques, étant rappelé que les nouvelles générations de joueurs qui entrent et sortent des centres de formation sont sélectionnés sur la base de profils plutôt athlétiques… y compris à Nantes depuis une demi décennie. Les gabarits du type Sacha Ziani ou Yassine Benhattab doivent avoir des qualités techniques largement au-dessus de la moyenne s’ils veulent percer et réussir au plus haut niveau. Espérons que les prometteurs Raiani et Gautier, cantonnés actuellement à l’équipe Réserve, arriveront à s’imposer un jour en équipe première mais ce n’est pas gagné, et c’est pourtant tout ce que je leur souhaite.