- Photo : Richard Coudrais
Le FC Nantes de Grégory Poirier nous fait passer de la confiance mesurée à la consternation la plus complète. Cette équipe est capable de perdre à domicile contre Dunkerque puis de tenir tête au redoutable leader stéphanois dans son propre Chaudron, du moins jusqu’à la fatale dernière minute.
Par le bon bout
Le match suivant, contre Clermont n’a pas failli à ce constat : un début de match encourageant, un joli but, une maitrise certaine avant que le jeu ne se délite dans un à-peu-près coupable, face à un adversaire qui n’avait franchement rien de redoutable. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Clermont n’a toujours pas remporté la moindre victoire après dix journées.
Le FC Nantes n’a pas souvent l’occasion, en ce début de saison, de jouer une équipe plus mal classée qu’elle. C’est même suffisamment rare pour envisager une victoire histoire de grapiller une place ou deux au classement. Les Canaris prennent alors le match par le bon bout : centre impeccable de Ryad Hachem, reprise de la tête toute aussi impeccable de Frédéric Guilbert et ça fait 1-0 après un quart d’heure de jeu.
Les Canaris pourraient dès lors jouer un peu plus libérés et envisager un bon vieux tarif maison. Le volcan de la Beaujoire ne demande qu’à exploser. Toutefois le match s’enlise dans un festival de passes mal ajustées et de ballons perdus. On se croirait dans un match de fin de tableau en Ligue 2.
Au diapason de l’adversaire
La séquence démontre que nos Canaris savent se mettre au niveau de leurs adversaires, pour le meilleur et pour le pire. Le ballon est dans leurs pieds, mais ils ne savent pas vraiment quoi en faire. On voit bien Killian Corrédor tenter de secouer le cocotier, tout comme son compère Ignatus Ganago, mais ces attaques manquent de tranchant, de puissance, de détermination. On voit aussi Balthazar Pierret donner de l’impulsion par sa combativité et quelques passes précises, mais il semble ressentir parfois une grande solitude.
En seconde période, Grégory Poirier effectue quelques changements, mais ceux-ci n’impactent en rien la léthargie ambiante. Le grand Ibrahima Sissoko vient d’entrer en jeu mais semble encore en train de chercher sa place quand il reçoit dans l’axe un bon ballon que Ganago a été chercher dans les pieds de l’adversaire. Le remplaçant égaré perd bêtement le ballon par manque de vivacité.
Une négligence qui coutera cher à son équipe. Dans les secondes qui suivent, alors que les Clermontois obtiennent un coup franc dans leur camp, leur numéro 10 Junior Salomon Sambia est pris d’une inspiration presque platinienne. Il envoie le long ballon loin devant dans la course de son coéquipier boniekien Florian Bianchini, qui devance toute la défense nantaise et ne se prive pas du plaisir d’une frappe pleine de détermination qui n’avait d’autre issue que les filets.
A un souffle de la défaite
Ce but venu d’ailleurs, quasiment la seule frappe cadrée de l’équipe clermontoise, aurait du réveiller les Nantais. Au lieu de quoi, la situation les rend nerveux et imprécis, du moins encore plus imprécis qu’avant. On entre même dans une séquence où Clermont conserve le ballon, ambitionnant désormais sérieusement d’aller chercher leur huitième match nul de la saison.
Ce n’est vraiment qu’en toute fin de match que les Nantais se créent de véritables occasions, notamment un service impeccable de Balthazar Pierret à Ignatus Ganago dont le tir est magistralement repoussé par le gardien auvergnat. Dans la foulée, le même Ganago aura une occasion similaire, sur une passe de Lucas Perrin, mais le ballon touchera l’extérieur du petit filet.
Les Nantais ont alors senti le souffle de la défaite dans le cou quand un attaquant adverse, Adrien Hanou s’en est allé tout seul balle au pied battre Patrick Carlgreen… mais son ballon passe juste à côté de la cage. L’ancien Rennais aurait pu devenir l’homme de la première victoire de son équipe.
Le match nul (1-1) qui ponctue cette rencontre d’une incroyable pauvreté technique (malgré deux jolis buts) ne fait les affaires des joueurs nantais, copieusement sifflés par le public de la Beaujoire. En sortant du stade, on se dit, allez savoir pourquoi, que ce n’est pas avec ce type de prestation que le club va attirer un nouveau candidat repreneur.
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