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Le match tirait à son interminable fin, les arrêts de jeu étaient en vue, cinq minutes avait décrété l’arbitre, (« putain d’arbitre » avaient-ils pensé), les Nantais, pliaient de plus en plus mais ils tenaient, ils s’accrochaient, ils résistaient, ils défendaient le point qu’ils étaient venus chercher tel un chien l’os qu’il a saisi dans sa gueule.

Dans le bas du classement

Le match n’avait pas été joli-joli, on avait vu davantage de heurts que de jeu (7 cartons jaunes, 4 pour Nantes) mais enfin quand on est chez le leader et qu’on tente de s’écarter de la zone de relégation, on ne pense pas forcément à faire la fine bouche, ni même à l’avenir, on se préoccupe surtout du présent, on sait qu’ils n’est pas réjouissant mais on se dit qu’il sera moins gris si on ne perd pas et qu’on pourra même se réjouir, à plus ou moins juste raison, de n’avoir pas été écharpé dans le chaudron. Il restait 20 secondes…

Geoffroy-Guichard, on a beau dire, c’est quand même impressionnant quand ça hurle et que ça hisse les oriflammes, ça a dû fouailler les mémoires des grands-pères, lesquels n’en finissent pas de ressasser leurs nostalgies, ils ont raison, il faut l’avouer, car ni les Verts ni les Jaunes d’aujourd’hui ne sont capables de fournir les spectacles d’autrefois, en dépit des espoirs des fans de maintenant qui avaient remis à l’ordre du soir les vieilles rengaines et sorti une banderole dérisoire clamant fièrement qu’un club résiste aux vents mauvais et aux tempêtes. Quelle prétention alors que l’ASSE est comme Nantes, au fond du trou, et qu’elle n’en ressortira pas de sitôt, même si au bout de la saison elle revoit la Ligue 1. Le FCN n’en est pas là, la victoire de Rodez durant l’après-midi avait même ravivé les craintes, en le faisant descendre encore plus bas dans le tréfonds du classement. Car enfin, il serait temps de se débarrasser des vaines illusions : après dix journées, et le classement devient tout de même significatif, le FC Nantes est plus proche d’une nouvelle descente que de la remontée, même si, dans l’adversité stéphanoise, il n’a pas montré le visage d’une formation résignée.

L’occasion de Sissoko

Mais pas celui non plus celui d’une équipe ambitieuse, il n’est qu’à consulter son extrême faiblesse dans la possession de balle, moins de 30%, très peu dans le camp adverse, et c’est donc le point du nul qu’il protégeait avec ardeur, sous la pluie, quand, sur un coup de tête décoché de près, Augustine Boakye expédia ses espérances au fond du chaudron.

C’était assurément cruel. Ce n’était pas non plus immérité tant les Jaunes subissaient depuis plus d’un quart d’heure, tant durant toute la seconde période ils avaient été réduits à de sporadiques contre-attaques qu’on a du mal à qualifier de dangereuses, elles devenaient d’ailleurs de plus en plus rares alors qu’en première période elles avaient eu au moins le mérite d’exister. L’une d’elles avait même permis à Sissoko, alors que les lueurs des fumigènes illuminaient les tribunes, de croire que Nantes aussi pouvait voir la lumière (34e). Le tir du capitaine nantais était passé au ras du montant.

Et celle d’Amian

Les Jaunes qui s’étaient présentés avec des maillots … blancs, n’avaient pas manqué d’annoncer la couleur en alignant cinq défenseurs (mais pas Perrin, laissé sur le banc), ils voulaient d’abord résister et quand Breum eut l’occasion de s’ouvrir une première brèche ils furent trois pour lui barrer le chemin et lui montrer qu’il ne serait pas facile d’ouvrir la forteresse (5e). Les Canaris ne furent toutefois pas inexistants en début de rencontre puisque Ganago alla très vite fureter dans la surface de réparation forézienne, il était chargé de mener les contres en compagnie de Robinet, lequel, blessé (mauvaise glissade apparemment), s’effaça dès la 9e minute au profit de Corredor. La suite fut plus délicate le hérisson nantais éprouvant des difficultés croissantes à s’oxygéner. Il reste qu’à la pause, sur le plan des occasions de but il soutenait la comparaison car après Sissoko, Amian avait à son tour gaspillé un bon ballon en l’expédiant au-dessus (45e, il aurait peut-être été signalé hors-jeu mais à tort). En contrepartie, Patrick Carlgren n’avait guère tremblé, preuve que Saint-Etienne n’est tout de même pas un foudre de guerre et vaut davantage par sa solidité que par ses talents, il n’avait eu qu’à intervenir sur un bolide de Davitashvili (40e).

Défendre, c’est une chose, mais…

La seconde période fut cependant très délicate pour les Canaris, réduits de plus en plus à la portion congrue et sevrés cette fois d’occasions. Cela ne les empêcha pas de croire en un bon vieux 0-0 des familles jusqu’à la 90e minute et la tête de Boakye.

Qu’ont-ils montré durant ce match trop fermé, trop haché et qui s’acheva dans la confusion à cause des fumigènes et dans les scènes de liesse stéphanoise? Qu’ils savent faire le dos rond et défendre. C’est vrai. Mais c’est loin d’être réjouissant, on est désolé et ceux qui ont connu la grande époque le sont sans doute encore plus.